lundi 23 mai 2016

Les auteur.e.s et illustrateurs.trices jeunesse présent.e.s sur la Comédie du Livre de Montpellier




Marie-Anne Abesdris

Grégory Allaert

Sophie Audouin-Mamikonian

Ronan Badel

Véronique Barrau

Cati Baur

Luc Blanvillain

Béatrice Bottet

Justine Brax

Davide Cali

Véronique Cauchy

Marie Caudry

Jean-Philippe Chabot

Pierre Delye

Corinne Dreyfuss

Gaëlle Duhazé

Malika Ferdjoukh

Christine Féret-Fleury

Emmanuelle Figueras

Ilya Green

Delphine Grenier

Guillaume Guéraud

Pascale Hedelin

Alexandra Huard

Fatima Kerrouche

Virginy L. Sam

Marie-Hélène Lafond

Maryse Lamigeon

Olivier Latyk

Jean-Louis Le Craver

Hervé Le Goff

Taï Marc Le Thanh

Régis Lejonc

Maria-Sole Macchia

Pénélope

Michel Piquemal

Gilles Rapaport

Louise Ravitsky

Sophie Rigal Goulard

Mathieu Robin

Béatrice Serre

Olivier Tallec

Éléonore Thuillier

Rozenn Torquebiau

Séverine Vidal

François Vincent

Jo Witek

Isabelle Wlodarczyck


http://comediedulivre.fr/

Remise des Prix Sorcières 2016 samedi 28 mai 2016 sur la Comédie du Livre de Montpellier : lauréats et nominés


Affiche réalisée par Marc Pouvet (son site)

 

Télécharger la présentation des lauréats et des nominés parue dans le n°73 de Citrouille

Téléchargez le supplément «30 ans de Prix Sorcières» du n°73 de Citrouille !


Prix Sorcières Documentaires 2016 : pour planter des graines de tolérance !


Pour en savoir un peu plus sur l’album documentaire Prix Sorcières 2016 Cité Babel, le grand livre des religions, la librairie la Bouquinette a rencontré ses éditrices, Ilona Meyer et Caroline Drouault, son auteure, Pascale Hédelin et son illustratrice, Gaëlle Duhazé.

AUDREY ROSSI: Comment vous est venue l'idée de l'immeuble et du découpage latéral en quatre parties par page, correspondant à ses trois étages et son rez-de-chaussée?

ILONA MEYER et CAROLINE DROUAULT: Avant même l’idée de l’immeuble, nous avions le souhait de réaliser un livre autour des religions: les mettre en regard pour permettre aux enfants de découvrir chacune d’elles, de mieux comprendre leur sens et leurs pratiques, de sortir des stéréotypes et préjugés dont elles sont affublées, sans que l’athéisme et la laïcité ne soient en reste. Nous avions aussi envie de nous affranchir du documentaire classique. L’idée d’un calendrier pour évoquer ces religions au fil des mois s’est rapidement transformée en un immeuble pour entrer au cœur de familles de confessions différentes: notre «projet religions» était devenu Cité Babel. Les découpes latérales sont venues enrichir le projet pour individualiser chaque appartement et permettre de multiples lectures. Dans notre projet de départ, il y avait encore plus d’appartements et de religions! Mais il nous a paru finalement plus simple et cohérent de juxtaposer les trois grandes religions monothéistes, qui ont tant de racines communes, et d’évoquer les autres religions et l’athéisme par le biais de l’épicerie du rez-de-chaussée. Aux Éditions des Éléphants, nous ne faisons pas spécifiquement de livres animés ou de livres objets: la forme doit être au service du fond, elle doit faire du sens sans être accessoire. C’est le cas de ce livre: la spirale et les pages découpées permettent de lire le livre soit par étage (et donc par religion), soit par saison. Il peut aussi facilement se «picorer» au gré des questions du moment…

AUDREY ROSSI: Ce livre est paru en octobre dernier, donc après les attentats perpétrés en janvier 2015 au journal Charlie Hebdo. Avez-vous modifié votre propos après ces événements?

PASCALE HÉDELIN: Notre Cité Babel est parue après les attentats de Charlie Hebdo mais avait été conçue bien avant. Les évènements ne nous ont pas amenées à modifier notre projet mais notre conviction de l’utilité de ce livre, elle, a été renforcée. Ceci dit, vivre ensemble en harmonie, en respectant les croyances et «non-croyances» des autres est un sujet qui me tient personnellement à cœur depuis longtemps et je souhaite que ce livre sème partout sa petite graine de tolérance et de compréhension en ces temps sombres!

AUDREY ROSSI: Nous pensons à la Bouquinette que Cité Babel est un outil parfait de médiation auprès des enfants. Avez-vous rencontré des classes, animé des débats depuis la parution du livre et si oui, quelles ont été les réactions des enfants?

GAËLLE DUHAZÉ: Le livre déclenche une foule de questions chez les enfants de mon entourage qui le lisent! Mais la date de parution de l’album étant récente [entretien mené en janvier, ndlr] je n’ai pour l’instant eu l’occasion que de le présenter deux fois en librairie, et plutôt devant des adultes; à chaque fois le public a été très à l'écoute et intéressé par le sujet. Pascale et moi espérons maintenant pouvoir rencontrer des classes car, je suis d'accord avec vous, ce livre qui part du quotidien et pas de l'histoire des religions est une super porte d'entrée pour parler des points communs et des différences culturelles (religieuses ou non d'ailleurs) de façon très concrète.

Propos recueillis par Audrey Rossi, librairie La Bouquinette à Strasbourg

PRIX SORCIÈRES 2016
CATÉGORIE DOCUMENTAIRES

Cité Babel
P. Hédelin, G. Duhazé
Éd. des Éléphants - 16,50€

Cité Babel, c’est un album en forme d’immeuble, dont la maquette est découpée en quatre parties. Au troisième étage, une famille musulmane; au deuxième une famille juive; au premier une famille catholique; et au rez-de-chaussée la fameuse épicerie de Monsieur Félix qui lui ne croit en rien et voit défiler tout le monde dans sa boutique: les familles déjà citées, mais aussi des hindouistes, des bouddhistes… On suit alors le quotidien des uns et des autres, qui s’écoule en douceur au fil des mois et des saisons, rythmé par le ramadan, la fête de Pâques, Hanoukkah, voire Halloween. On partage avec tous ces habitants les grands moments de la vie - naissances, anniversaires, mariages, funérailles - en même temps que nous sont expliqués les rites qui s’y rattachent. C’est l’occasion pour les jeunes lecteurs de découvrir – avec respect et sans manichéisme – les différentes fêtes, les fondements et les traditions de ces trois grandes religions, d’observer les différents modes de vie et de noter tous les points communs de ces diverses croyances – Le texte est accessible, instructif et pédagogique tout en restant très vivant (un exploit, non ?) Les illustrations joyeuses, pleines de vie et la manipulation ludique de cet album en font un ouvrage de qualité sur un sujet ô combien important. Un ouvrage qui prône la tolérance et l’ouverture aux autres: à acheter sans tarder pour les écoles, les bibliothèques et toutes les familles!
Retrouvez les nominés des Prix Sorcières 2016 ici

Clémentine Beauvais (avec bouillotte et voix de canard) : lauréate Prix Sorcières du Roman Ados 2016


Lauréate du Prix Sorcières 2016 catégorie Romans Ados pour Les petites reines, Clémentine Beauvais vous lit quelques extraits de son ouvrage paru aux éditions Sarbacane :


PRIX SORCIÈRES 2016 -
CATÉGORIE ROMANS ADOS


Les Petites reines
C. Beauvais
Éd. Sarbacane - 15,50€

Pour la troisième année consécutive, Mireille Laplanche est élue «Boudin de l'année» sur une page Facebook créée par un de ses camarades. Être vue comme moche et subir les railleries les plus ignobles, elle en a l'habitude. Ses deux compagnes d'infortune sur le podium de l'ignominie ont, elles, beaucoup plus de mal à encaisser ce classement de mauvais goût… Mireille, Hakima et Astrid ne se connaissaient pas encore mais vont vite se découvrir d’autres points communs inattendus et prendre les choses en mains. Ensemble, et chacune pour une bonne raison, elles décident d'effectuer un voyage en vélo jusqu'à Paris pour se rendre à la garden-party du 14 juillet de l’Élysée. Financement du voyage: à chaque étapes elles vendront... du boudin! Le périple sera un peu long et fatiguant, mais riche en rencontres… Rares sont les romans qui nous font rire aux éclats (vraiment!) et qui nous émeuvent à la fois. Ces petites reines sont hilarantes d'intelligence et nous embarquent avec elles dès la première page. Une grande réussite qui fait réfléchir sur le culte de l'apparence, la course à la célébrité (éphémère), aux dérives des réseaux sociaux, notamment quand ils sont utilisés pour nuire à autrui. Ici c'est l’humour, la solidarité et la capacité à développer un regard critique sur le monde qui sont mis en avant. L’écriture géniallissime de Clémentine Beauvais fait de chaque phrase un pur délice mâtiné d'humour grinçant et d’autodérision. Un road-trip décapant, un grand roman!
Retrouvez les nominés des Prix Sorcières 2016  ici

mardi 17 mai 2016

Philippe Lechermeier (nominé Prix Sorcières Roman Juniors 2016) : Et maintenant… the Till show !

Philippe Lechermeier © Rodrigo Ruiz Ciancia, 2015
Till l'Espiègle est un personnage de fiction, saltimbanque malicieux et farceur de la littérature populaire du Nord de l'Allemagne. La version la plus ancienne de son histoire fut publiée en 1510. Cinq cents ans plus tard Philippe Lechermeier et Gaëtan Dorémus ont entrepris de mettre le récit au goût du jour…


CAROLINE HAYOT: Lorsque je parle de Till, je remarque deux réactions. Soit mes interlocuteurs en ont déjà vaguement entendu parler, soit ils ignorent totalement son existence... Qu'est-ce qui t'a conduit à t'intéresser à ce personnage?
PHILIPPE LECHERMEIER: Till est un drôle de personnage, surtout célèbre dans les cultures germaniques et flamandes, c’est une sorte de Toto du Moyen-âge, qui passe son temps à faire des bêtises. C’est Gaëtan Dorémus, qui est originaire du Nord, qui m’a proposé de travailler sur ce personnage qui appartient à son enfance.


CAROLINE HAYOT: Qu'est-ce qui te plaît chez lui?
PHILIPPE LECHERMEIER: J’ai tout de suite aimé son côté frondeur, irrévérencieux et espiègle mais aussi son côté fragile; c’est  un gamin qui affronte un monde dur, injuste et cruel. Et puis, il est à la croisée de beaucoup de choses qui me plaisent et qui influencent mon travail: il me renvoie aux saltimbanques, à la commedia dell'arte, aux fourberies de Molière, aux récits de Scarron, à l’univers rabelaisien.


CAROLINE HAYOT: Que peux-tu me dire du travail de réécriture? Du choix de la versification? Pourquoi avoir choisi ces trois épisodes en particulier?
PHILIPPE LECHERMEIER: Je n’ai pas choisi d’épisodes en particulier: j’ai relu plusieurs versions assez décevantes du texte. Si le personnage est riche, la construction du récit ne me convenait pas, ni l’écriture, ni le côté trop scatologique. Du coup, j’ai choisi comme principe d’écriture de garder à chaque fois un élément des histoires initiales dans chacun de nos exploits et d’inventer le reste en puisant dans le vivier des fabliaux du Moyen-âge, dans les canevas du théâtre à tréteaux et dans mes souvenirs d'enfance. Le style est celui que j’ai déjà utilisé dans Une Bible, dans la scène de Suzanne au bain, et je tenais à y revenir car j’aime cette écriture qui, au fur et à mesure que je trouve le rythme, sonne, résonne… Gaëtan et moi avons une admiration partagée pour Max und Moritz de Wilhelm Busch, un auteur allemand du XIXe siècle. Lui s’est inspiré de la maquette de cet ouvrage précurseur et moi de ces rimes de tous les jours souvent utilisées par les Allemands. Ces rimes à deux sous donnent des textes qui se prêtent parfaitement à des lectures à voix haute, mi-hiératiques, mi-comiques. Quel plaisir de moderniser la versification, de faire rimer bifteck avec kopeck, bing et nothing, inventer des noms de ville et des jurons en m’inspirant du flamand, de l’allemand et de l’alsacien, «Kokotvercleck» !


CAROLINE HAYOT: Tu parles du plaisir... Vous proposez, il me semble, des lectures dessinées...
PHILIPPE LECHERMEIER: Oui, nous avons monté un petit spectacle que nous avons commencé à tourner en ce début d’année. C’est une lecture dessinée où nous mettons en scène notre collaboration et qui nous permet avec humour de montrer comment se fabrique un livre, comment se fait la collaboration entre l’auteur et l’illustrateur, tout en laissant une part d’improvisation où le public intervient et agit sur notre production. Il s'agit de montrer la création en direct, une page sur Facebook présente notre projet: The Till Show. Et puisque nous avons envie de faire vivre ce personnage sur la durée, d’en faire une série, ce procédé nous permet de le réinventer, de lui trouver de nouvelles situations, de nouvelles aventures en profitant de la rencontre avec les enfants ou les plus grands.


Propos recueillis par Caroline Hayot, Librairie Larcelet à Saint-Dizier

Trois exploits de Till l’espiègle
Auteur: Philippe Lechermeier
Illustrateur: Gaétan Dorémus
Éditions Les fourmis rouges - 14€
Les piquantes fourmis rouges nous proposent une fois encore un livre hors du commun. Les deux artisans à l’œuvre, Philippe Lechermeier au texte et Gaëtan Dorémus aux illustrations, nous font découvrir un personnage méconnu du grand public et pourtant haut en couleur. Vaurien, voleur, responsable de toutes les misères, c’est ainsi que Till est considéré dans sa ville de Groskrotmemehr. Mais gare à ceux qui le houspillent car Till est rancunier et ne manque jamais d’idées lorsqu’il s’agit de se venger. À peine a-t-on mis un œil dans le recueil que le rythme nous emporte: les auteurs jouent sur l’humour, le grotesque et l’accumulation pour mieux mettre en évidence l’absurdité des comportements humains, tels les fabulistes du XIVe siècle. Ce livre est un vrai régal, un concentré de malice, d’humour et de poésie à déguster sans attendre. Et parce qu’il en parle beaucoup mieux que moi, lire ci-contre ce que Philippe Lechermeier a accepté de me confier… - Librairie Larcelet